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Histoire de L’Hypnose

Il serait très difficile de faire un historique exhaustif de l’hypnose. En effet celle-ci existerait, sous différentes formes, depuis des millénaires dans l’Histoire de l’humanité. Pourquoi existe-t-elle ? Quelqu’un l’a-t-il inventé ? Pourquoi ? Autant de questions auxquelles nous n’avons pas de réponse.
Quelques écrits Égyptiens datant d’il y a 3000 ans (dynastie de Ramsès II) évoquent l’utilisation d’incantations pour traiter des affections des voies aériennes supérieures. Une stèle de cette époque découverte par Musès en 1972 retranscrit une séance « d’hypnose ».

SocratesPuis à travers les siècles en Grèce : le célèbre philosophe Socrate, et son nom moins célèbre « terpnos logos » se décrivait lui-même comme « un accoucheur d’âmes« . A Delphes, les pythies se mettaient en transe pour communiquer leurs oracles aux visiteurs.

 L’histoire de l’Hypnose semble avoir débuté quand les humains ont compris que l’art de soigner passe par la relation (faite de mots, regards, gestes…) avec le patient. Quelques périodes importantes suffiront à vous donner des notions nous le pensons suffisantes.

 

Paracelese et Mesmer

 

Paracelse

ParacelseC’est en 1529 que Paracelse, (médecin suisse), livre les premières données scientifiques (pour l’époque) sur le « magnétisme animal ».

Selon sa théorie, le malade guérissait grâce à un « fluide réparateur » circulant d’un individu à l’autre.

Mesmer

Franz MesmerDeux siècles plus tard, en 1766, le docteur Franz Anton Mesmer, son disciple, reprend le thème du magnétisme qu’il déclare lui aussi comme « naturel ». Il devient le premier « psychothérapeute » des temps modernes. Très controversé, il triomphe toutefois dans certains salons à la mode : où les participants se prêtaient à la cérémonie du baquet…En 1784 le roi Louis XVI nomme une commission formée par des membres de l’académie de médecine et de l’académie des sciences afin d’enquêter sur les travaux de Mesmer. Le rapport fut défavorable. Le discrédit qui s’en suivit signera la fin ponctuelle de l’âge d’or du mesmérisme.

 

Le Marquis de Puységur

Le Marquis de Puységur1784, C’est en magnétisant un jeune paysan de 23 ans nommés Victor et atteint d’une « fluxion » de poitrine, que  le Marquis de Puységur, lui-même disciple de Mesmer, découvre par hasard le somnambulisme provoqué : il définit alors ce type assez particulier de sommeil comme un « état induit par l’action de la volonté sur le mouvement… Pour lui aussi cette volonté émanait d’un fluide animal… Officier d’artillerie, rappelé par son régiment, il n’a pu continuer ses recherches.

 

L’Abbé Faria

L’Abbé Faria, auteur du célèbre : «De la cause du sommeil lucide » en 1819, va se positionner différemment de ses prédécesseurs. Pour ce prêtre portugais (qui a inspiré Alexandre Dumas dans le Comte de Monte-Cristo), le fluide magnétique n’existe pas. Il insiste sur la prépondérance de la suggestion. C’est la naissance du « sommeil lucide », qui deviendra par la suite « l’hypnose ». Ces théories formeront la doctrine de Nancy cinquante ans plus tard.

 

Le rapport Husson

Ce rapport rédigé par Husson en 1831, réhabilite le « magnétisme » de Mesmer. Husson exprime clairement son désir de réserver la pratique de l’Hypnose à la médecine. Son rapport ne sera toutefois pas publié, les Académies refusant de l’imprimer…

 

James Braid

James BraidEn 1841, un chirurgien écossais : James Braid, va reprendre et améliorer les théories de Faria. Il posera les bases scientifiques de ce qu’il nommera officiellement : « Hypnose » 1843. Selon lui, la transe hypnotique survient lorsque le patient est concentré sur une seule et unique idée (monoïdéisme). « L’état hypnotique et les phénomènes qu’il comporte ont leur source purement subjective qui est dans le système nerveux du sujet lui-même ».

La théorie du magnétisme, trop impalpable, tend à être remplacée par l’idée d’une relation patient/thérapeute. De nombreux professionnels de Santé se lancent alors dans l’aventure…

 

Charcot

Jean Martin Charcot,Jean Martin Charcot, titulaire de la première chaire de neurologie, fonde l’École de la Salpêtrière en 1878. Il pense que le sommeil hypnotique est une névrose qui ne se développe que chez des sujets hystériques. Il faut préciser que Charcot travaille alors dans un service où il ne voit que des personnes souffrant d’hystérie (pour la plupart des femmes). La plupart de ses expérimentations se faisaient donc sur celles-ci…

Sigmund FreudLes pathologies comme convulsions, paralysies, ont pour lui une cause organique (en rapport avec l’utérus, d’où vient étymologiquement le mot hystérie).

Pour lui l’hypnose est provoquée par un instrument physique (aimants, métaux…) et non par la parole.

C’est le début de la fameuse bataille d’écoles la Salpêtrière – Nancy : « état pathologique » décrit par une autorité médicale de l’époque, contre « état naturel » décrit par la très avancée école de Nancy (Bernheim)… « Pouvoir » des métaux contre suggestion verbale. La Science tranchera en faveur de Bernheim près d’un siècle plus tard.

Le mérite de Charcot est d’avoir perçu l’importance du phénomène et de l’avoir utilisé. De plus il a donné à l’Ecole de la Salpêtrière une telle renommée qu’elle a attiré le jeune Sigmund Freud, alors âgé de 29 ans, qui effectue en 1885 un stage de quelques mois à la Salpêtrière à ses côtés.

 Bernhaim

Le professeur Bernheim s’oppose aux travaux de Charcot, en démontrant notamment que l’Hypnose est un phénomène psychologique normal. Selon lui aucune influence physique ou fluidique;! Il donne naissance au terme « Psychothérapie« (1891), qui désigne sa méthode thérapeutique, basée sur la suggestion hypnotique. Il forme avec ses confrères Liébault, Beaunis et Liégeois l’école de Nancy. Celle-ci recevra également la visite de Freud qui y achèvera sa formation en Hypnose.

Lui aussi est convaincu de la réalité du phénomène hypnotique et fonde sa compréhension, révolutionnaire pour l’époque, des processus psychiques (notion d’Inconscient). Cependant, il finira par abandonner devant les suggestions un peu trop autoritaires à son avis, de ses confrères, pour fonder la psychanalyse. Toutefois, il mentionne l’Hypnose dans la plupart de ses ouvrages… L’abandon de l’Hypnose ne lui semblait pas définitif… L’avenir lui a donné raison !

 

Le Vingtième Siècle

1919: l’hypnose est passée de « mode »… Pierre Janet, philosophe et médecin poursuit seul en France ses travaux sur le phénomène hypnotique. Il découvre le phénomène de la régression hypnotique, qu’il utilise à visée cathartique.

Peu de temps avant, en 1912, Schulz, professeur de neuropsychiatrie, élabore une technique de relaxation basée sur la constatation des sensations physiologiques. Cette méthode toujours utilisée de nos jours s’apparente fortement à l’hypnose.

Aux USA, à partir des années vingt, les travaux de Milton Hyland Erickson; célèbre psychiatre américain né en 1901, bouleversent les conceptions de l’Hypnose et de la Thérapie en général. L’« Hypnose Ericksonienne » est née en 1937 et va se développer grâce aux élèves d’Erickson tels de Jay Haley, Jeffrey Zeig ou Ernest Lawrence Rossi, qui va s’intéresser à ses fondements psycho biologiques.

Il faut attendre 1955 pour que l’Hypnose soit réhabilitée officiellement par un rapport de la British Médical Association. C’est aussi en 1955 qu’elle est réintégrée dans la pratique médicale par l’Américan Médical Association.

En France, c’est Léon Chertok, psychiatre psychanalyste qui, tout de suite après la seconde guerre mondiale reprend le flambeau de l’Hypnose (L’Hypnose, éd. Payot). Il tentera toute sa vie de rester fidèle à Freud et fidèle à l’Hypnose, imaginant celle-ci comme un lien psychosomatique, il la situe au carrefour du psychique et de l’organique. Pour lui l’Hypnose est le modèle de référence de la relation Médecin-Malade

En 1979, Daniel L. Araoz, sexologue et hypnothérapeute, parle de « Nouvelle Hypnose « . A la même époque, des gens comme les Olivier Lockertdocteurs Malarewicz et Godin, et surtout Alain Cayrol, importent cette « Nouvelle Hypnose » en France.

En 2001, Olivier Lockert, président de l’Institut Français d’Hypnose Ericksonienne, utilise les outils de l’Hypnose Ericksonienne dans un esprit humaniste. Ainsi est née l’ « Hypnose Humaniste », basée entre autres sur une philosophie globale de vie, la compréhension des croyances qui génèrent notre perception de la vie, et un but majeur : retrouver l’Unité, tant au niveau personnel que Humain.